Ressources · Professions médicales

Médecin : rester en BNC
ou passer en SELARL ?

C’est la question que tout praticien finit par se poser — souvent parce qu’un confrère « a gagné beaucoup » en basculant. La vérité est moins simple : la SELARL est un outil puissant au-dessus d’un certain niveau de revenus non consommés, et une fausse bonne idée en dessous. Le comparatif honnête.

Cabinet médical
Photo : Stethoscopes — licence BY-SA

Le BNC : la simplicité qui a un prix

En exercice individuel, vos honoraires nets de charges constituent votre bénéfice non commercial, imposé en totalité au barème de l’impôt sur le revenu et soumis aux cotisations sociales (URSSAF, CARMF) — que vous dépensiez cet argent ou non. C’est le point clé : le praticien qui gagne bien sa vie et n’a pas besoin de tout consommer paie l’impôt et les cotisations sur des sommes qu’il laisse dormir. En contrepartie : comptabilité légère (recettes- dépenses), pas de structure à gérer, liberté totale sur la trésorerie.

La SELARL : l’écran de l’impôt sur les sociétés

En SELARL, la société encaisse les honoraires et paie l’impôt sur les sociétés — 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà. Vous ne payez personnellement l’impôt et les cotisations que sur ce que vous vous versez : rémunération de gérance, et dividendes le cas échéant. Tout ce que vous laissez dans la société n’est frappé que de l’IS — et peut s’investir : matériel, locaux, trésorerie de précaution, voire une holding pour préparer la retraite ou une acquisition.

La règle de décision, en une phrase

La SELARL devient intéressante quand vous dégagez durablement plus que ce dont vous avez besoin pour vivre. Si vous consommez l’essentiel de votre bénéfice, la société n’écranne rien : il faudra tout vous verser, avec les cotisations et l’IR au bout — en ayant ajouté au passage les coûts de structure. Si au contraire une part significative de votre bénéfice reste chaque année non consommée, l’écart de traitement fiscal travaille pour vous, année après année.

15 %taux d’IS jusqu’à 42 500 € de bénéfice — contre une tranche marginale d’IR souvent à 41 %
100 %du bénéfice BNC imposé et cotisé, consommé ou non
2questions qui décident : combien gagnez-vous, combien dépensez-vous
Les coûts qu’on oublie de vous dire
La SELARL a un prix : constitution, comptabilité d’engagement complète, approbation des comptes, dépôts au greffe, rémunération de gérance à formaliser — comptez un surcoût récurrent réel par rapport au BNC. Et la bascule elle-même se structure : apport ou cession de la patientèle, droits d’enregistrement, ordre des opérations. C’est un projet, pas une formalité.

Les cas où nous déconseillons la bascule

Un praticien en début d’activité dont les revenus vont d’abord financer sa vie ; un revenu qui couvre tout juste le train de vie ; un projet d’arrêt ou de forte réduction d’activité à court terme ; ou une motivation uniquement mimétique — « mon associé l’a fait ». Dans ces situations, la SELARL ajoute des coûts et de la rigidité sans contrepartie. Rester en BNC est alors le bon conseil, même s’il ne nous vend aucune mission de création.

Et la SCM dans tout ça ?

La société civile de moyens ne remplace ni l’un ni l’autre : elle partage des moyens (locaux, secrétariat, matériel) entre praticiens qui restent chacun imposés selon leur propre statut, BNC ou SELARL. Les deux questions sont indépendantes — et cumulables.

Questions fréquentes

À partir de quel revenu la SELARL devient-elle pertinente ?
Il n’y a pas de seuil magique universel : le critère est l’épargne durable, pas le revenu brut. En pratique, la réflexion mérite d’être ouverte quand plusieurs dizaines de milliers d’euros restent non consommés chaque année — et elle se tranche sur une simulation chiffrée avec vos vrais montants, pas sur une moyenne.
Puis-je revenir en arrière si la SELARL ne me convient pas ?
Techniquement oui, mais la sortie (liquidation, boni, fiscalité de la patientèle) coûte cher — bien plus que l’entrée. C’est précisément pourquoi la décision d’entrer doit être prise sur projection à plusieurs années, pas sur l’humeur d’un exercice.
Et les dividendes en SELARL, bonne idée ?
Avec mesure : pour le gérant majoritaire, la part des dividendes excédant 10 % du capital supporte les cotisations sociales — l’avantage supposé fond souvent au calcul. La rémunération de gérance calibrée + le réinvestissement dans la société restent le cœur de la mécanique ; les dividendes sont un réglage fin, pas le moteur.

Article à jour en août 2026. Taux et seuils cités selon les règles générales ; la CARMF et votre situation conventionnelle appellent une analyse spécifique. Cet article ne remplace pas une simulation sur vos chiffres réels.

La réponse est dans vos chiffres.

Apportez vos deux dernières 2035 : nous simulons la bascule avec vos montants réels — et nous vous dirons aussi si elle ne vaut pas le coup.

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